On en entend assez parler dans les journaux, les JO 2008 auront donc lieu à Pékin. Source de nombreuses critiques, cette décision (pourtant prise il y a 7 ans...) a vu la flamme olympique se transformer en symbole de la contestation, non seulement pour dénoncer le non-respect des droits de l'Homme en Chine, mais aussi et plus précisément, en raison de l'actualité, de ses actes de barbarie et d'envahisseurs au Tibet. Je ne reviendrai pas sur les stérilisations forcées, les fusillades et interdictions de culte dont souffrent les Tibétains, les informations qui nous parviennent (et Dieu sait si elles sont rares) nous donnant un aperçu assez sombre, bien que parcellaire de la réalité.
Lundi 7 Avril, la flamme était donc à Paris. Mes camarades de classe et moi-même décidons, par acquis de conscience plus que par espoir de changer les choses, d'aller brandir au passage du cortège des affiches, banderoles dénonçant la dictature Chinoise, la complicité du CIO et appelant à la libération du Tibet.
Je précise que nous n'avions aucune attitude violente : avec les autres personnes présentes, nous scandions des cris au passage du cortège, nous levions nos affiches et nos journaux, Libération ayant prévu une Une spécialement à cet effet, mais nous n'avions aucune arme et nous restions sur le trottoir (la police nous menaçant explicitement de ne pas descendre sur la route, qui était pourtant coupée...). Une image valant mieux que des mots, jugez par vous-mêmes :
J'en arrive à mes griefs. On le voit sur ces images, la police nous a arraché nos affiches et nos journaux des mains, avant de les déchirer et les piétiner.
C'est une atteinte extrêmement grave à la liberté d'expression. N'en déplaise à Mme Alliot-Marie, qui assurait hier soir qu'aucun ordre n'avait été donné à la police, il semble bien que le gouvernement actuel juge les contestations médiatiques aussi dangereuses que les luttes armées. J'aimerai en effet savoir en quoi des banderoles et affiches (pour citer leur slogan "Dictature Made in China" , "Tibet Libre" et "La France joue, le Tibet meurt") représentent elles un danger pour la sécurité ? A croire que le danger est médiatique, et que le gouvernement a voulu éviter de montrer des images de manifestations françaises...La fameuse liberté d'expression française n'en ressort pas grandi. Et après on viendra faire des sermons aux dictatures...
Plus grave encore, tout au long du parcours que j'ai personnellement suivi, les policiers ont systématiquement arraché les drapeaux tibétains des mains des manifestants...Et laisser les drapeaux chinois voler de plus belle. Là encore le gouvernement prétend n'avoir ordonné aucune attitude à adopter. On ne me fera pas croire que les CRS ont agi d'eux mêmes...
Autre élément particulièrement dérangeant, de très nombreux chinois étaient présents dans la foule, en agitant justement ces fameux drapeaux chinois et en criant leur enthousiasme face au cortège. Petit détail louche : tous parlaient uniquement anglais, pas un mot de français. La Chine aurait-elle envoyée des citoyens pour gonfler artificellement son soutien à l'étranger ?...
Beaucoup de questions auxquelles je ne peux répondre catégoriquement. Pour autant j'en reste très inquiet de la situation française au niveau des libertés, et de la totale impunité de la Chine. En conclusion je répondrai, a posteriori, à une sportive qui nous a copieusement insulté sur le parcours et en nous demandant "qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse (les sportifs) ?". Eh bien boycottez les jeux. Je peux comprendre que le sport est leur métier, qu'ils se sont entrainés pendant des années et que la compétition représente beaucoup pour eux. Mais parfois il faut surpasser son égoïsme, et dans ce cas précis, se dire qu'une médaille, qu'elle soit d'or, de bronze ou d'argent, vaut toujours moins qu'une vie humaine...

Par exemple celles de
l'esplanade de la bibliothèque nationale, où des scènes poétiques et troublantes mettant en scène l'écrit et l'imaginaire, dont l'apogée se symbolisait par un autodafé de livre émotionellement
très fort laissaient les spectateurs très marqués. Plus haut, la rue de Tolbiac était également fort sympathique à parcourir, avec ses grands nuages de fumées s'échappant des bouches d'égout,
donnant au Chinatown des allures new-yorkaises, et les animations chatoyantes et humoristiques projetées sur la façade de l'université Paris 1. Dans le marais, à l'église St-Paul, des sphères
lumineuses installées dans la nef plongeait le visiteur dans une ambiance mystique, et la symbolique du point d'interrogation que dessinaient les lumières ne pouvait qu'attirer l'esprit sur la
religion et ses mystères...
il y a de cela quelques mois, au hasard
Premier article depuis 1mois, voyez à quel point je médite la rédaction de
mes écrits...