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Mercredi 9 avril 2008
Un blog professionnel n'est peut être pas l'endroit idéal pour parler politique. Toutefois, certains évènements exigent parfois une prise de position directe et méritent d'être dénoncés.

On en entend assez parler dans les journaux, les JO 2008 auront donc lieu à Pékin. Source de nombreuses critiques, cette décision (pourtant prise il y a 7 ans...) a vu la flamme olympique se transformer en symbole de la contestation, non seulement pour dénoncer le non-respect des droits de l'Homme en Chine, mais aussi et plus précisément, en raison de l'actualité, de ses actes de barbarie et d'envahisseurs au Tibet. Je ne reviendrai pas sur les stérilisations forcées, les fusillades et interdictions de culte dont souffrent les Tibétains, les informations qui nous parviennent (et Dieu sait si elles sont rares) nous donnant un aperçu assez sombre, bien que parcellaire de la réalité.

Lundi 7 Avril, la flamme était donc à Paris. Mes camarades de classe et moi-même décidons, par acquis de conscience plus que par espoir de changer les choses, d'aller brandir au passage du cortège des affiches, banderoles dénonçant la dictature Chinoise, la complicité du CIO et appelant à la libération du Tibet.

Je précise que nous n'avions aucune attitude violente : avec les autres personnes présentes, nous scandions des cris au passage du cortège, nous levions nos affiches et nos journaux, Libération ayant prévu une Une spécialement à cet effet, mais nous n'avions aucune arme et nous restions sur le trottoir (la police nous menaçant explicitement de ne pas descendre sur la route, qui était pourtant coupée...). Une image valant mieux que des mots, jugez par vous-mêmes : 

J'en arrive à mes griefs. On le voit sur ces images, la police nous a arraché nos affiches et nos journaux des mains, avant de les déchirer et les piétiner.

C'est une atteinte extrêmement grave à la liberté d'expression. N'en déplaise à Mme Alliot-Marie, qui assurait hier soir qu'aucun ordre n'avait été donné à la police, il semble bien que le gouvernement actuel juge les contestations médiatiques aussi dangereuses que les luttes armées. J'aimerai en effet savoir en quoi des banderoles et affiches (pour citer leur slogan "Dictature Made in China" , "Tibet Libre" et "La France joue, le Tibet meurt") représentent elles un danger pour la sécurité ? A croire que le danger est médiatique, et que le gouvernement a voulu éviter de montrer des images de manifestations françaises...La fameuse liberté d'expression française n'en ressort pas grandi. Et après on viendra faire des sermons aux dictatures...

Plus grave encore, tout au long du parcours que j'ai personnellement suivi, les policiers ont systématiquement arraché les drapeaux tibétains des mains des manifestants...Et laisser les drapeaux chinois voler de plus belle. Là encore le gouvernement prétend n'avoir ordonné aucune attitude à adopter. On ne me fera pas croire que les CRS ont agi d'eux mêmes...

Autre élément particulièrement dérangeant, de très nombreux chinois étaient présents dans la foule, en agitant justement ces fameux drapeaux chinois et en criant leur enthousiasme face au cortège. Petit détail louche : tous parlaient uniquement anglais, pas un mot de français. La Chine aurait-elle envoyée des citoyens pour gonfler artificellement son soutien à l'étranger ?...

Beaucoup de questions auxquelles je ne peux répondre catégoriquement. Pour autant j'en reste très inquiet de la situation française au niveau des libertés, et de la totale impunité de la Chine. En conclusion je répondrai, a posteriori, à une sportive qui nous a copieusement insulté sur le parcours et en nous demandant "qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse (les sportifs) ?".  Eh bien boycottez les jeux. Je peux comprendre que le sport est leur métier, qu'ils se sont entrainés pendant des années et que la compétition représente beaucoup pour eux. Mais parfois il faut surpasser son égoïsme, et dans ce cas précis, se dire qu'une médaille, qu'elle soit d'or, de bronze ou d'argent, vaut toujours moins qu'une vie humaine...

Par Thibault Dumas
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Mardi 25 mars 2008

Le 6 Octobre dernier, au bras de l'amour de ma vie, et bravant la bise nocturne...Et les supporters du XV de France émêchés (souvenez-vous, c'était France / Nouvelle-Zélande), je me lançais à la découverte du Paris de l'Art contemporain à travers la fameuse Nuit Blanche...

7h du matin, retour dans ma cambrousse en voiture. Je ressens alors un sentiment mitigé.
En effet il faut reconnaître que les rues de Paris offraient au public de très belles créations. robert-stadler_nuit-blanche-07_1sq-copie-1.jpg Par exemple celles de l'esplanade de la bibliothèque nationale, où des scènes poétiques et troublantes mettant en scène l'écrit et l'imaginaire, dont l'apogée se symbolisait par un autodafé de livre émotionellement très fort laissaient les spectateurs très marqués. Plus haut, la rue de Tolbiac était également fort sympathique à parcourir, avec ses grands nuages de fumées s'échappant des bouches d'égout, donnant au Chinatown des allures new-yorkaises, et les animations chatoyantes et humoristiques projetées sur la façade de l'université Paris 1. Dans le marais, à l'église St-Paul, des sphères lumineuses installées dans la nef plongeait le visiteur dans une ambiance mystique, et la symbolique du point d'interrogation que dessinaient les lumières ne pouvait qu'attirer l'esprit sur la religion et ses mystères...

Pour autant, j'en garde également un grand sentiment d'incompréhension. Peut-être n'ai-je pas une sensibilité artistique assez développée. Toujours est-il que je reste assez perplexe à des toiles blanches monochromes à Beaubourg (n'en déplaise à ma professeur d'Histoire de l'Art qui défend le courage de peindre blanc sur blanc en 1913...), ou une machine à rayer des vinyles Espace des Blancs Manteaux dans le marais...Un bémol adressé aux artistes, qui devraient prévoir des explications sur leurs oeuvres, à défaut de se tenir à coté...

En tout cas une expérience enrichissante, et la satisfaction de préférer enrichir sa culture et ses yeux plutot que de vomir sa bière devant des boeufs en maillot...
  

Par Thibault Dumas - Publié dans : Spectacles
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Jeudi 20 mars 2008

Poésie du soir, espoir...J'ai très peu écrit de poêmes dans ma vie mais je suis retombé sur celui ci écrit fin 2005. Ou mes pérégrinations dans la fantaisie anglophone ^^.


ME AND THE SPIDER

 In my garden, on the skyline,
When the sun rays can make it shine,
You see a web ; here is where Eve,
A very little spider lives.

I met her on a summer night,
She hold a cocoon very tight,
She saw me and gave me a smile :
“Would you like some tasty fly?”

As polite as the insect was,
I made a movement with my nose,
Clearly meaning I was disgust,
And would not fall into her lust

But when she climbed upon my hand
And whispered to me “let’s be friends”
I told her that it was okay
And heard all that she had to say

“You will find me some juicy bugs,
For me to gave them a big hug,
And You will have nice silk from me,
For weaving things very pretty.”

And since this day, everyone does,
Tell me ‘bout how nice are my cloth,
I just thank them and turn to see,
That Eve seems even more hungry.

                                                      December 29th, 2005

Par Thibault Dumas - Publié dans : Créations
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Mercredi 19 mars 2008

J'ai découvert Hervé Guibert undefined  il y a de cela quelques mois, au hasard
de mes déambulations solitaires à travers les rayons encombrés des Mots à la bouche, la principale librairie gay / lesbienne de Paris.
Attiré par la couverture d'
A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie (reprise de la photo ci contre), par cet homme au regard perdu et semblant agoniser en silence, et de ce titre que je trouvais à la fois poétique et tragique, j'ai acquis ce roman, sentant peut être avant même sa lecture qu'il s'éloignait des tendances actuelles de la littérature homosexuelle, faites de hardcore, de fashion et de sexe célébré comme un but ultime, sans autre conscience que celle de 
l'éjaculation. 

Il est des rencontres littéraires qui transcendent le simple rapport 
entre lecteur et auteur, même de manière posthume. Hervé Guibert fait pour moi parti de cette catégorie. 
Mort à 36ans en 1991 du Sida, Hervé Guibert a laissé derrière lui une oeuvre 
considérable, tant au niveau littéraire que photographique, et même cinématographique (on lui doit notamment la co-écriture du scénario de l'Homme Blessé
, film sombre et envoutant de Patrice Chéreau sur l'homsexualité marginale des années 80). 
Son oeuvre littéraire se concentre essentiellement sur l'autobiographie, traité sous différents angles : les parents, ses amants...Mais c'est surtout sa contamination par le virus du Sida qui marquera tant sa vie que son oeuvre, et lui fera atteindre le sublime littéraire tout autant que la critique virulente des associations gays des années 80, en pleine tentative de sensibilisation au danger du virus. Hervé Guibert, en effet, est à l'image du scénario qu'il écrit avec Chéreau : un homme blessé. Son mal de vivre est perceptible dès ses premiers écrits (que l'on retrouve notamment dans son journal de 1976 à 1991 , Le mausolée des amants),
où il évoque souvent son désir de suicide, mais aussi de mort envers autrui. Personnage sombre donc, pour qui la conscience du morbide s'allie à des descriptions très crues des pulsions sexuelles, et aux déchirements amoureux. 

Pourquoi alors me sentir proche d'un fantôme aussi triste ? Peut être parce qu'Hervé Guibert a su décrire à travers son expérience des rapports avec les hommes (et les Hommes)
la solitude propre à chaque être humain, qui recherche la liberté. Condamné par la maladie contre sa liberté sexuelle, il déclarera lui même avoir trouvé dans le Sida : une raison de vivre. Paradoxe ? Pas forcément, car la conscience de la mort palpable a renforcé l'envie de vivre de cet être fragile, et exacerbé ses besoin de contacts intellectuels, amoureux et sexuels avec l'Autre. Même si la douleur physique aura pris le dessus sur lui...
Hervé Guibert n'est pas un écrivain réservé aux homosexuels. Je ne peux que le conseiller aux êtres sensibles à la tragédie d'une existence marquée par la souffrance intellectuelle et morale, et sa sublimation par la littérature.



Pour aller plus loin, le site "officiel" d'Hervé Guibert, où l'on retrouve ses écrits, des témoignages, mais également son oeuvre photographique :
http://www.herveguibert.net/




Par Thibault Dumas - Publié dans : Lectures
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Mercredi 19 mars 2008

J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t'en
Nous ne nous verrons plus sur Terre
Odeur du Temps, brin de bruyère


Et souviens-toi que je t'attends


                                                                                                
                                     Guillaume Apollinaire

Par Thibault Dumas - Publié dans : Lectures
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Mercredi 19 mars 2008

sdl.jpg  Premier article depuis 1mois, voyez à quel point je médite la rédaction de mes écrits...

Trêve de plaisanterie, ce weekend était organisé  à Paris le 28ème Salon du Livre,   rendez -vous capital s'il en est du monde de l'édition, des libraires, et des passionnés du livre en général - étudiants en Métiers du Livre y compris :).

Prenant mon courage à  deux mains pour me lever à 7h  un dimanche, j'arrive  Porte de Versailles pour l'ouverture,  afin de profiter  du peu de visiteurs en cette heure matinale. J'ai d'ailleurs été agréablement surpris par le réaménagement du Salon par rapport aux années précédentes, avec ses allées plus larges et  ses stands mieux disposés.  Bien sûr, on retrouve encore la ségrégation entre grandes maisons occupant tout l'espace central et les indépendants relégués aux périphéries poussiéreuses, mais les places étant chères...
 Petite déception, l'alerte à la bombe de dimanche en fin de journée m'a empêché d'aller à la rencontre de Jean d'Ormesson  et Frédéric Beigbeder, deux auteurs que j'affectionne particulièrement (j'avoue préférer la personnalité de Jean d'Ormesson à son oeuvre, et j'aurais tant donné pour me faire dédicacer un exemplaire du Figaroooooo...)

Lundi matin, l'empereur, sa femme, le petit prince, ainsi que ma classe et moi même, nous  retrouvons devant les lourdes  portes du Hall N° 1.  Cette journée réservée aux professionnels commence mal :  les vigiles nous refusent l'entrée, sous réserve que nous ne sommes pas des professionnels (oui  enfin  c'est quand même notre futur métier...). Après quelques tractations nous entrons enfin. 
Je passe sur le travail proprement  .... Chiant, on peut le dire, et dont l'utilité m'échappe ,  que nous a ordonné notre professeur Monsieur Jean-Denys T. Analyser 10 catalogues de maisons proposant les mêmes ouvrages, j'aimerai qu'on m'explique où est la confrontation avec nos enseignements...De la part d'un libraire j'aurais espéré quelque chose de plus enthousiasmant...

Toutefois  j'en tire une bonne expérience .  J'ai en effet pu m'entretenir avec  deux maisons d'édition. La première , Stock, du groupe Hachette, n'a pas présenté d'intérêt spécifique à mes yeux : oui,  la jeune fille m'ayant répondu était charmante, mais  représentante commerciale...Alors j'émets  quelques doutes sur les éloges  venues de sa bouche concernant la prétendue incroyable indépendance et générosité que leur offrait la maison mère...

Mais surtout, j'ai pu rencontrer Agone.  Agone est une maison d'édition  méconnue, basée à  Marseille, et qui, depuis 1998, éditent des ouvrages de littérature, théâtre, essais...Centrés sur la critique sociale et politique et les tendances anarchistes et marxistes.  Ayant lu plusieurs de leurs ouvrages, je conaissais déja la qualité de leur fonds et leur implication dans la lutte  sur la place publique, qui m'avait particulièrement intéressé. L"éditeur, dont j'ai honteusement oublié de demander le nom, m'a souligné son détachement et son dégout des grands groupes éditoriaux, qui selon lui peuvent se définir comme propagandistes, commerciaux...Mais certainement pas comme éditeur. J'espère avoir l'occasion de revenir sur cet aspect de l'édition dans mes prochains posts.
J'espère pouvoir y effectuer un stage l'an prochain. Encore faudra-t-il trouver un logement sur Marseille...

En résumé j'ai été plutôt satisfait de ce Salon, peut être plus parce que j'y allais moins en touriste qu'en futur professionnel du monde du livre. De plus on peut avoir un point de vue quasi exhaustif sur les maisons d'éditions françaises voire internalionales (même si les maisons étrangères, tout comme les toutes petites maisons françaises, font cruellement défaut).
Toutefois (ou peut être heureusement ?), mon détachement vis à vis des grands groupes s'est confirmé, de part leur mépris manifeste à l'égard d'étudiants venus les déranger lors de leur dégustation de petits fours et coupes de champagnes...Laissons les donc se gausser de leur réussite financière. Je préfère rencontrer des gens passionnés et humains que des pompes à fric qui vendent des livres comme des légumes. Encore qu'un maraîcher y met plus de passion...

Par Thibault Dumas - Publié dans : Vie étudiante et pro
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Jeudi 21 février 2008

Bonjour à tous ! Après avoir triomphé auprès du public en chair et en os, je me lance à la conquête du cyberespace... Plus sérieusement, madame, monsieur, bienvenue sur le blog de Thibault Dumas, jeune étudiant en DUT Métiers du Livre à l'IUT de Paris. A travers ce blog, j'espère pouvoir vous transmettre quelques morceaux de mes affinités personelles et mon parcours estudiantin, et, qui sait, peut être professionnel si ce site survit au temps ! 
Gardons le mystère sur mes centres d'intérêt pour le moment et laissons les se dévoiler au fil des pages...

Alors... Bon voyage, autant à vous qu'à moi ! :)

Par Thibault Dumas
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